Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

sexualite

"Les Branleuses": le documentaire qui fait du bien aux femmes

Publié le par Helix Bennington

Voir les commentaires

Qu'est-ce qu'une salope ?

Publié le par Helix Bennington

Photo de Helmut Newton

Photo de Helmut Newton

A mon cousin F.

Toi qui es en train de lire ces lignes, quelle est ta première pensée lorsqu’on te soumet l’idée de l’exquis mot de « salope »? Qu’est-ce qu’exactement une « salope »?

Si l’on effectue un sondage dans la rue, il est probable que plus de 95% des personnes interrogées répondent que leur première association avec le terme de « salope » tient à voir avec : une femme couchant avec beaucoup de partenaires. J’ai choisi le beau grand mot de « salope » quand je pourrais tout autant vous proposez celui de « fille facile », de « nymphomane », de « putain » ou encore de « pute » quoiqu’il nous faille éclaircir la signification de ces termes derniers. Une « putain » ou par dérivé une « pute » sont des mots nés pour désigner une prostituée, c'est-à-dire une femme proposant son corps en échange d’argent. Une « salope » est-elle donc une pute ? Non. Elle ne vend pas son corps. Piste erronée. Cherchons ailleurs.

Ces cinq mots ont en commun d’être balancés à/sur la personne du beau sexe, teintés d’une connotation dépréciative voire méprisante. Et si l’on interroge ces dames, pourtant elles-mêmes directement visées par ces vocables, quant à leur sens, il est également probable que le même pourcentage propose une définition semblable à celle de son homologue masculin. Parmi ces femmes qui répondront, l’on retrouvera tant la bourgeoise que la femelle de classe populaire, la vieillarde que l’adolescente, la pratiquante que l’athée. Nous pouvons supposer que « salope » est donc un mot dont la signification se partage relativement équitablement entre gente à l'entrejambe protubérante et poitrines heureuses.   

Dans « salope », il y a « sale ». Vision d’une créature négligée, perdue, déshonorée, salie, devenue récipient récupérateur de la semence masculine et par synecdoque, se mouvant elle-même en déchet. La « salope » peut aussi désigner une femme vêtue de façon à attirer le regard des hommes sur son corps. Pour ce fait, le terme de « putain » ou de « pute » se voit usé par nombre de personnes, tout sexe confondu.

Mais revenons à notre première hypothèse : la « salope » serait selon les croyances populaires les plus ancrées dans notre Inconscient, une femme jouissant de nombreux "compagnons de jeux". Or il me semble que sur ce chemin de pensée, le terme même de « jouissant » ayant trait à la jouissance féminine, peuple précisément le cœur du problème. 

Je prendrai pour exemple celui d’un proche, un cousin exactement qui, durant une conversation abordant l’adolescence future de sa nièce, déclarait à son frère (père de sa nièce) que sa fille coucherait avec des garçons et que « si ça se trouve, elle aimera ça ». Ces mots sortis d’une bouche pourtant à minima éduquée, gagnant très bien sa vie, issue de la classe sociale moyenne haute, me firent longtemps réfléchir. « Et si ça se trouve, elle aimera ça ». Curieusement cette phrase n’était point destinée à honorer mon autre cousin mais plutôt à l’offenser, ce qu’elle réussit par ailleurs fort bien. Autrement dit, cette fillette allant se métamorphoser en adolescente puis en adulte ne devait pas « aimer ça ». Le contraire reviendrait à la « salope » qui elle « aime ça ».

Songeant de nouveau à ces personnages, la compagne de ce même cousin me dit une fois que les demoiselles étaient divisées en deux catégories : « Il y a les femmes qu’on baise et les femmes qu’on épouse ». Elle m’avait sans m’en demander mon avis, rangée dans la seconde catégorie, ce qui suscita chez moi une grande colère, car je désirais être baisée autant que prétendre à être l’une de ces jeunes sottes à laquelle on demande la main lors d’un moment niaisement romantique. « Il y a les femmes qu’on baise ». Pourrait-on associer cette phrase avec : « il y a les femmes qui aiment ça » ? Ce « ça », ce « ça » dont les gens parlent à voix basse parce qu’ils ne l’assument pas. En psychanalyse, le « Ca » selon Freud représente schématiquement notre Inconscient et les pulsions animales dont fait partie le sexe que la civilisation, comme il le couche sur les pages de son ouvrage : Malaise dans la culture1, est parvenue à contrôler afin que le monde ne sombre dans le chaos ou une orgie gigantesque. La société est bâtie sur le refoulement de la pulsion. Nous la refoulons pour pouvoir vivre ensemble avec un minimum d’harmonie, c'est-à-dire sans s’entre-tuer ou se sauter dessus en plein jour. C’est ainsi que de ces pulsions refoulées apparut la politesse : le « bonjour », le « bonsoir », le « merci », le « au revoir », la monogamie et autres valeurs morales régissant les règles permettant à un groupe d’individus de pouvoir porter le noble titre de « Société ».

Le sexe est alors devenu quelque chose d’intime, de caché…et de sale, comme le montre la particule ornant le mélodieux nom de « salope ». Notons que l’Eglise se charge de considérer le sexe uniquement comme moyen servant la reproduction de l’espèce. Lors du mariage, la fiancée se meut pour l'homme en épouse ainsi qu’en partenaire génitrice de sa potentielle progéniture. La mère empiète sur la femme et ceci tant pour les enfants qu’inconsciemment ou tout à fait sciemment pour le mâle auquel elle s’est unie. Dans le manichéisme aimé de notre monde naquit ainsi la légende de la mère et de la « putain », aujourd’hui généralement remplacée par le joli terme de « salope ». La mère est respectable, respectée, considérée comme une matrice, un ventre, un objet décent à présenter aux autres. Elle peut être perçue comme « acquise », propriété, une femelle apprivoisée en quelques sortes.

La « salope » réside dans tout le reste. Elle est la tentatrice, la tentation, l’excitation de la pulsion sexuelle qu’il n’est pour une raison ou pour une autre avec elle, point possible de soulager. La « salope » est une femme « qu’on baise », si je reprends les paroles de ma belle-cousine et elle « aime ça , pour citer mon cousin.

En 1971 les « salopes » font aussi leur apparition dans le numéro 334 du magazine Le Nouvel Observateur2 et contaminent même les autres journaux français. Il s’agit d’une pétition signée par 343 femmes du monde des Arts et des lettres affirmant avoir eu recours à l’avortement, tandis que celui-ci n’était point encore légalisé. La divulgation d’une telle information les exposait à cette époque à des poursuites pénales pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement. On l’appelle alors : le manifeste des 343 salopes. En 1971, voilà entre autres choses ce qu’est une « salope ». Une femme sur laquelle on crache pour avoir eu le culot de se prétendre propriétaire de son corps. Il existe encore aujourd’hui multitude de pays où le corps n’appartient point à l’humain sinon à Dieu. Au Chili par exemple : l’avortement est strictement interdit même en cas de viol ou d’inceste car l’enfant est œuvre de Dieu. Le corps de la femme violée ne lui appartient pas. Il est la propriété de Dieu, point. Charmant.

On retrouve ici cette dichotomie entre la « salope » et la mère. Comme si une « salope » ne pouvait pas être une mère et inversement. Or, les « 343 salopes » luttaient dans ce manifeste pour une maternité choisie et donc pour une maternité heureuse tout comme elles luttaient pour le droit d’être une femme sans être mère. Ce clivage entre les termes, nous le retrouvons au sein même du nom de l’association née en 2003 Ni pute ni soumise3. « Ni salope ni soumise » pourrions-nous dire.

« Si ça se trouve, elle aimera ça »…Si je suis la pensée de ce cousin, une femme n’est donc pas sensée aimer le sexe. Lorsqu’on reprend une expression présente dans la tête de tous depuis la nuit des temps : « tu aimes ça, salope ? », nous pourrions tout aussi bien le traduire par : « tu aimes le sexe, femme ? ». Et…c’est ici que point mon sourire tandis que j’écris depuis un café de la petite ville d’Essen en Allemagne.

La « salope » est une femme qui aime le sexe. Mon dieu, heureusement ! Le sexe, quand il est bien fait, est source d’épanouissement. La femme qui n’aime pas le sexe a juste eu affaire à d’incapables amants. La sexualité n’est pas un « en plus ». Elle n’est pas une option. Elle fait partie intégrante de la vie et participe à l’édification d’une vie heureuse comme malheureuse. Une vie sans sexe de qualité, à moins de sublimer ses pulsions, c'est-à-dire de les transposer dans l’Art, dans le dévouement à un dieu ou à une cause quelconque, est une vie à laquelle il manque un ingrédient savoureux. Il y a des tas de raisons d’aimer le sexe. La « salope » est une femme qui aime jouir. Tout comme Jojo, la nymphette a des pulsions sexuelles et comme lui, elle s’empalerait sur un coin de porte en période de chaleur, si à ce moment elle se retrouve sans amant. La jouissance, cet « au-delà du principe de plaisir » comme l’avait compris Freud et le nomme Lacan, est affaire d’hommes comme de femmes.

Nous avons mentionné plus haut, qu’une « salope » était une femme qui collectionnait les amants, couchant « facilement » et avec tout le monde. Mais qu’est-ce que « coucher facilement » ? Cette notion de facilité ne se retrouve que du côté de la gente masculine. On parle de « filles faciles » comme on parle de « salope ». Pour qui est-ce facile et pour quoi ? Parle-t-on de "garçons faciles" ? La facilité renvoie à la notion de conquête. Or pourquoi les femmes seraient-elles étrangères à l’amour de la notion de conquête ? Pensons-nous réellement que dans notre contemporaine société de consommation, seuls les hommes choisissent, usent puis jettent tel ou tel modèle ? Depuis quand la conquête est-elle un concept réservé aux hommes ? Les femmes gagnant leur indépendance financière en travaillant, devenues maîtresses de leur propre corps grâce à la légalisation de la pilule en 1967, de l’avortement par la loi Veil en 1975, et la mise en vente de la pilule du lendemain en 1999, il serait curieux que 50% de la population française se déclare totalement désintéressé par la victoire amoureuse. Peut-être tout simplement qu’une « salope » est une femme qui assume ses désirs sexuels. 

Si la « salope » est une femme aimant le sexe, alors je suis une salope. Comme ma mère me l’avait dit à mon arrivée de vacances dans une ancienne colonie française : « je ne veux pas que les collègues de ton père disent : « ta fille, c’est une vraie salope » ». Lorsque je lui demandai si elle aurait dit la même chose à un fils, elle me répondit après un léger malaise : « ce n’est pas pareil ». 

Alors moi, salope de 30 ans, née des années 80, je dis qu’il y a encore du boulot pour considérer les femmes autrement que comme une mère ou une putain. La « salope » est une femme assumant sa sexualité. Juste une femme. Qu’on se le dise.

 

Helix Bennington

 

1 Sigmund Freud, Le malaise dans la culture, PUF, 2004. Le malaise dans la culture est un livre écrit par Sigmund Freud durant l'été 1929.

2 Le Manifeste des 343 est une pétition française parue le 5 avril 1971 dans le n° 334 du magazine Le Nouvel Observateur, signée par 343 femmes.

3 Ni Pute ni soumise (NPNS) est un mouvement féministe français, fondé en 2003 par Fadela Amara. Site internet: www.npns.fr. 

 

 

Voir les commentaires

De l'art de trouver une colocation à Buenos Aires

Publié le par Helix Bennington

Les tours de Palermo à Buenos Aires

Les tours de Palermo à Buenos Aires

« Home sweet home ». Encore faut-il pouvoir le dire.

Buenos Aires est la nouvelle ville en vogue tant pour l’explosion du tourisme que pour les séjours de plus en plus nombreux, d’expatriés venus des quatre coins de la planète. Et elle le mérite. Des températures plus que clémentes la plus grande partie de l’année, une vie nocturne trépidante, une identité culturelle marquée par la forte immigration européenne, un dynamisme impulsé par une société où la moyenne d’âge est de 30 ans, un esthétisme édifique capable de combler l’étudiant d’architecture le plus maussade, un paradis pour psychanalystes en manque de soleil, une fabrique d’êtres tous plus beaux les uns que les autres grâce à l’usage généralisé de la chirurgie esthétique…Tout donne envie de pouvoir porter le titre neuf de « Porteño », comme le sont appelés les habitants de la capitale.

Cependant comme dans toute grande métropole, 3 quêtes demeurent toujours d’actualité pour la personne désireuse de se fondre dans sa nouvelle ville: la recherche d’un mec, d’un boulot ou d’un appartement et dans ce cas exposé plus précisément : d’un appartement en colocation. Pour connaître la pensée argentine, il n’y a pas de secret, il faut « consommer » argentin.

La recherche d’un appartement en colocation à Buenos Aires relève de l’enquête sociologique. Qu’est-ce tout d’abord qu’une colocation ? Dans le concept français, vivre « en coloc’ » implique souvent un loyer élevé que le fait de partager avec d’autres personnes permet d’adoucir. Elle peut également se présenter comme un choix de vie parce qu’on trouve cela plus sympathique que de vivre en solo. Il s’agit généralement d’arrangements entre locataires, le propriétaire de l’appartement vivant la plupart du temps hors des lieux.

A Buenos Aires, la colocation est conçue comme un business. C’est ainsi que j’entendis un soir, dans un bar du quartier de Congreso, un Argentin évoquer sa recherche de travail actuelle et son idée, afin de lui assurer une rentrée d’argent régulière, de louer une chambre au sein de son propre appartement. Il n’est donc plus question ici de partager un loyer à des fins de soulagement financier, mais de proposer un service avec l’objectif d’en retirer un bénéfice chiffré.

La dévaluation du Peso argentin par le Peroniste Eduardo Duhalde en 2002, face au Dollar et encore plus à l’Euro, offre aux porteños l’image d’un Yankee ou d’un Européen aux poches débordantes de billets. Craigslist qui est un site internet pour étrangers, en est la parfaite illustration. On y trouve des annonces proposant une chambre dans un appartement en colocation à des prix flirtant avec les 500 Dollars, quand sur Compartodepto (un site de partages d’appartements pour locaux) le loyer ne s’en élèvera qu’à la moitié. Certaines annonces visibles sur Craigslist listent les services proposés par la personne cherchant un colocataire : « serviettes et draps inclus, ménage réalisé deux fois par semaine, téléphonie gratuite pour les appels locaux, wifi, téléviseur…» comme s’il s’agissait d’un hôtel. Le colocataire devient un « client » à qui on propose un service moyennant finance. De ce fait, il est commun de loger dans le même appartement que le propriétaire…ce qui n’est pas forcément de la meilleure idée.

A travers une recherche de colocation à Buenos Aires, il est possible de tracer un parallèle avec le rapport que les argentins entretiennent vis à vis de la sexualité. Le thème des visites est devenu l’une de mes questions de base lorsque j’ai compris que leur admission était loin de forger une évidence. Par « visites », j’entends : inviter une amie à prendre le thé, comme inviter Jojo à faire un câlin. Tout d’abord il y a des quantités d’appartements où les visites ne sont pas permises et cette réglementation est parfois le produit de la pensée de jeunes femmes de 25 ans venant de milieu social favorisé, étudiant à l’université…Il me vient à l’esprit le souvenir d’une potentielle colocataire m’ayant dit qu’il était possible de faire venir une amie à condition qu’elle puisse auparavant la connaître. Soit : un entretien avant d’avoir le droit de boire un verre avec une copine. Il y a aussi les lieux où les visites sont acceptées…sauf si l’être humain possède un pénis.

Ces tas de refus face aux visites écoutés lors d’appels téléphoniques avant de me déplacer pour découvrir l’appartement, font écho aux chambres à partager d’où par définition toute intimité est exclue y comprit si l’on souhaite passer « un moment avec soi-même » et à la quantité de lits simples proposés que j’ai pu voir durant mes pérégrinations. Au-delà du manque de place ou du manque de moyens, plane cette impression d’infantilisation et de vision du « client colocataire» comme un être dénué de sexualité, ou pouvant en avoir une mais de préférence cachée dans quelque hôtel bon marché prévus à cette encontre et assez répandus dans la ville.

Pour une Française habituée au cadre social très formel et pesant de cette vieille dame qu’est la France et à ses limites bien définies virant parfois à la psychorigidité, l’Argentine donne le sentiment d’un pays adolescent avec des contours beaucoup plus flous et donc une liberté d’action beaucoup plus grande. Elle dégage une vitalité, une fraîcheur et un dynamisme plus imposant que dans le pays tricolore. Cependant, au milieu de tout ce joyeux désordre fascinant qui manque à la France, demeure ce noyau d’apparence très dure concernant le vécu de la sexualité où les restes d’une religion catholique encore prégnante associée au machisme argentin offrent toujours la triste image surannée de la mère ou de la putain. Le fantasme de la jeune fille vierge sensée passer ses journées à ne faire qu’étudier, opposé à celui de la diablesse tentatrice au sexe dévoreur ramenant chez-elle le premier homme débusqué dans la rue. Le juste milieu portant le nom de : Femme.

Chercher une colocation implique la prise en compte de ces paramètres car la sexualité, là où elle semble niée ou non-désirée chez l’autre, fait pourtant partie de la vie. Et de l’opinion d’autrui sur ce thème, découlera un aperçu de son ouverture d’esprit et donc de l’entente possible entre personnes à priori inconnues.

Il n’y a pas de colocation idéale. Cependant, une mixité sexuelle lorsqu’on partage une résidence peut être une bonne idée. Les garçons, eux, ne se priveront pas de ramener des filles et tolèrent donc généralement beaucoup plus l’idée que leur colocataire ait aussi une vie « sous l’équateur ». Attention cependant à la colocation avec un seul homme que l’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam et qui prétendra dormir dans le salon. Garde également à la joliesse du mâle qui peut rendre plus compliqué un quotidien à deux. Car si l’on se retrouve à sortir avec Jojo, c’est la vie de couple directe que l’on va connaître! Autant en être conscient avant de céder à ses charmes.

Rechercher une colocation à Buenos Aires permet aussi de se rendre compte de l’atmosphère régnant dans la ville, reflet de la réalité sociale du pays. Le mot sécurité apparaît de manière répétitive dans les annonces concernant les partages d’appartement sur le net. En effectuant une visite dans le quartier chic de Caballito, j’ai le souvenir d’avoir eu l’impression de pénétrer une forteresse. L’entrée de l’immeuble, semblable au hall d’un hôtel de luxe était immense et impressionnante. Elle était gardée par une personne chargée de la sécurité à qui je dus mentionner le nom, le prénom de la personne que je souhaitais voir, l’étage, l’appartement où je me rendais et pour finir les motifs de ma visite. Une fois là-haut, les grilles que la propriétaire avait faites plaquer sur chaque fenêtre, donnaient la sensation de se retrouver prisonnier au sein de sa propre maison et confinaient au final, au ridicule. La grande majorité de la prohibition des visites prend pour justification officielle cette thématique sécuritaire au sein de la capitale. Problème martelé par les médias et par le gouvernement actuel (présidé par Cristina Kirchner) dans le but de détourner l’attention du vrai problème, dénommé: Pauvreté. En 2005, 26,2 % de la population urbaine argentine habite dans des bidonvilles*.

Dénicher la perle rare suppose enfin de visiter quantité d’endroits parfois étranges, comme ces pièces sans fenêtre appelées en France : «débarras », proposées ici comme chambre, ou ces carrés sordides d’où l’on s’attend à voir surgir Princesse Sarah*. A l’inverse il y a ces appartements pour riches où l’on payera très cher une chambre avec en guise de lit, un simple matelas jeté sur le sol. Je noterai également le concept «d’appartement indépendant» (avec entrée séparée) qu’une grand-mère francophile me proposa. C’est à cet instant que je me rendis compte, dans ce pourtant mignon petit studio, que le concept de colocation impliquait aussi pour moi de partager des moments avec d’autres gens, denrée permettant de bien vivre une expatriation pas simple tous les jours. Les liens revêtent une importance double lorsqu’on vit loin de son pays.

Trouver une colocation à Buenos Aires située dans un quartier que l’on aime (généralement la zone nord), à un prix correct (ne dépassant pas les 1300 Pesos soit 250 Euros) avec wifi, visites permises et de préférence un ou des colocataires avec qui le feeling semble passer, n’est donc pas une mince affaire. Cependant en cherchant activement, c’est-à-dire en répondant aux annonces intéressantes (Craigslist, Compartodepto, Mundoanuncio…) par mail, en appelant (plus rapide) les «bailleurs» ou tout simplement en posant sa propre annonce de recherche de colocation sur les sites énoncés, il est possible de dégoter le lieu où vous pourrez enfin, passé le pas de la porte, penser : « Home sweet home ».

 

Helix Bennington

 

* Princesse Sarah : est un dessin-animé japonais crée en 1985 par Ryūzō Nakanishi, d’après le roman A Little Princess de Frances Hodgson Burnett. Sarah est une petite servante brimée vivant misérablement dans l’Angleterre du XIXème siècle.

* http://www.statistiques-mondiales.com/index.html

www.buenosaires.es.craigslist.org/

www.compartodepto.com

www.mundoanuncio.com.ar

Article publié sur: http://tout-ca.com/2010/04/07/de-l%E2%80%99art-de-trouver-une-colocation-a-buenos-aires-3/

Voir les commentaires