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machisme

Ça marche comment l'amour en Argentine ?

Publié le par Helix Bennington

L'amour dans le Jardin Japonais de Palermo à Buenos Aires

L'amour dans le Jardin Japonais de Palermo à Buenos Aires

Rencontrer un pays, c’est rencontrer sa culture, sa langue et ses habitants. On aura la sensation d’avoir pleinement vécu son histoire d’amour avec la terre d’accueil lorsqu’on s’y sera fait des amis, qu’on y aura étudié ou travaillé et que l’aisance prise avec l’idiome vous permettra devant une Quilmes* et en compagnie d’une bonne copine, d’exprimer votre colère après une dispute avec la coloc’, de conter la joie ressentie lors du dernier festival de jazz, d’épancher vos petits coups de blues ponctuels et surtout : de parler de Jojo en espagnol.

Lorsque vous parviendrez à piocher parmi la vaste palette émotionnelle de la vie en y décortiquant de façon subtile le sentiment juste, alors une étape dans votre vie d’expatrié sera franchie. Vous parlez désormais « argentin ». Et à ce titre, tout comme vos petites camarades porteñas*, vous serez désormais capable, les yeux dans le vague et la bouche en cœur, d’évoquer la dernière rencontre effectuée avec un bipède local qui vous paraîtra alors d’un exotisme torride.

Oui, vous êtes désormais l’une d’entre elles. Une de ces Argentines qui a ce sourire si particulier à l’abord d’un certain thème. En guise de baiser d’arrivée au pays à la bannière ensoleillée, vous avez imprimé vos lèvres sur la bouche d’un de ces autochtones charmants. Vous êtes dans la phase d’idéalisation de votre nouveau royaume et par conséquent pensez que tous ses sujets sont forcément des gens bien. Attendez cependant d’écoutez le discours impitoyable de vos amies portègnes sur leurs collègues mâles.

« Ici ce n’est pas comme en France » me dit un soir mon amie Florencia dans un des pubs de Recoleta. « On n’est pas ensemble comme ça. Ca prend beaucoup plus de temps ». Par « ensemble », il faut entendre en Argentine être « de novio » (à ne pas confondre avec être « fiancés » qui se dira: « ser comprometidos »). Pour elle, être « de novio » ne peut se déclarer qu’après un an de bons et loyaux services corporels et sentimentaux de la part des deux soupirants. La relation s’est installée et monsieur comme mademoiselle ont été réciproquement présentés aux membres de la belle-famille. C’est alors officiel : vous êtes avec Jojo !

Dubitative quant à la longueur du chemin à parcourir avant de pouvoir baptiser le lien entre deux créatures amourachées, simplement : « histoire », je voulus en savoir plus et récoltai une série d’informations confiées par des femmes argentines comme françaises vivant à Buenos Aires et ayant déjà goûté au délice de quelques mets locaux. Laurence, une jeune parisienne implantée désormais dans la capitale australe et « de novia » avec un Argentin m’explique : « ici les rencontres fonctionnent à l’américaine. C’est un système de « dates ». Les garçons vont avoir plusieurs dates en même temps à l’exacte image des filles qui batifoleront avec plusieurs galants. On essaye, on teste, on conte fleurette et plus avec le sexe opposé et quand se crée de l’amour entre deux personnes alors seulement on décide d’arrêter les rendez-vous avec ses autres prétendants pour se concentrer sur la relation naissante. Cela permet de se connaître avant de formaliser le lien et c’est moins pesant qu’en France où sitôt les lèvres posées sur leurs semblables, on portera le titre de « copain » ou « copine » ». A l’exemple de ses voisins brésiliens et chiliens, l’amant argentin portera plusieurs titres marquant chacun une étape ascendante avant de devenir officiellement: le « novio ». C’est ainsi que même si vous sortez depuis 3 mois avec Jojo et que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes, lorsque vous parlerez de lui comme de votre « novio », les gens ouvriront des yeux gros comme des calots en vous reprenant : « tu veux parlez de ton «chico?»». Dans le pays tricolore, la graduation est bien moindre et on se contentera d’employer l’unique et simple mot de « copain ». La notion de temps dans le domaine amoureux apparaît clairement distincte d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

Un terme fort répandu en Argentine est celui : d’« hystérie » et ici, tout être vivant est hystérique. Ce vocable originellement introduit par Freud se traduit sur ce bout de terre latine par un enthousiasme surprenant, un engouement étonnant et prématuré, un déferlement de paroles caressantes, de preuves d’affection rapides, une effusion de sentiments et de paroles flatteuses qui feront l’extase de la petite Française fraîchement débarquée, habituée à plus de distance et de retenue (de subtilité sans doute) de la part de ses congénères francophones.

C’est après que le tableau se ternit.

Trois jours à peine après que vous lui ayez tapé dans l’œil, monsieur vous parle comme si vous alliez passer le reste de vos jours ensembles, à tel point que vous vous faites quelques frayeurs à la pensée d’une histoire démarrant plutôt expressément. Ne vous inquiétez pas, la fièvre ne durera pas. Le lendemain, à l’image d’un exquis soufflet au fromage sorti du four, les paroles à la Comedia del Arte italienne retombent bêtement pour laisser place à un espace vide. C’est le néant après l’abondance. Si le courtisan vous lance à la fin d’une soirée délicieuse: « on se voit jeudi? Car demain j’ai poney, mardi mes cours du soir de kendo, mercredi ma grand-mère qui sort de clinique… », dans les faits, plus de nouvelles. A moins que l’on considère comme telles, le coup de fil téléphonique deux semaines plus tard demandant d’une voix virginale : « alors ? On se voit quand ? »

Nos amis les Argentins s’enflamment vite, mais force est de constater que rien ne suit concrètement derrière. Lorsqu’on est habituée à une certaine codification de la parade amoureuse, il est très déstabilisant de se retrouver confrontée à une indifférence totale après une avalanche de mots « enguimauvés ». C’est d’ailleurs généralement à ce moment que la candide idéalisation post-immigration laisse place au discours inverse : « tous des cons ! ». En réalité, il s’agit simplement d’un mode de fonctionnement distinct et d’un jeu dont on acceptera les règles…ou pas.

Il existe des aventures et des « one night stand » dans le monde entier. Jusqu’ici tout va bien. Cependant ce qui persiste à m’interroger sur le fonctionnement de la gente masculine locale, c’est pourquoi consacrer tant d’efforts à la création d’un verbiage mielleux détenteur au final d’une signifiance proche du néant ? Les Argentins manquent-ils donc tant de confiance en eux qu’ils ne parviennent pas à assumer l’expression du souhait d’une simple aventure ? Les Argentines ont-elles besoin d’un spectacle avant de câliner ? En pays gaulois le désir d’une liaison passagère sera davantage assumé. Il sera généralement clair assez rapidement, parfois même verbalisé et les deux partenaires joueront ainsi à égalité. Points de fioritures inutiles dans l’approche de la femelle, le jeu adopte un angle plus franc.

On notera une autre dimension dans le rapport homme-femme en Argentine intrinsèquement liée au machisme. Mon amie porteña Florencia me racontait un jour, déçue, que durant son séjour de quelques mois à Paris, un Français l’avait invitée à sortir plusieurs fois sans que rien ne se passe. Reconnaissant là une marque d’intérêt du pauvre éphèbe sans doute intimidé par la beauté chaude et piquante de la demoiselle, je lui demandai pourquoi elle n’avait rien voulu tenter. C’est alors qu’elle me répondit choquée: « C’était à lui de faire le premier pas ! Je suis la femme, c’est lui l’homme ! ». Dans la séduction à l’argentine, garçons et filles restent cantonnés à des places bien définies qu’il sera socialement mal interprété de ne pas respecter. On retrouve ce schéma d’un archaïsme désolant n’envisageant qu’un mâle actif et une femelle passive. Le beau sexe argentin se laisse conquérir et se garde bien d’empiéter sur les plates-bandes de son congénère.

De la même façon, la construction de la relation se base avant tout sur le désir masculin: « Surtout, ne le rappelle pas! Ici, moins on les embête, mieux c’est. Quand il te rappellera, décroche et fais comme si tu étais totalement désintéressée. ». Monsieur ne souhaite vous voir qu’une fois par semaine? Vous êtes sensée accepter de ne le rencontrer qu’une fois par semaine. A l’image d’un couple dansant le tango, les pas de la nymphe se calquent sur ceux du « sexe fort » et jamais l’inverse. L’infidélité masculine a quant à elle ouvertement pignon sur rue. Grandement tolérée par les femmes, elle s’affiche au grand jour du fait des « besoins » (évidemment) irrépressibles de ces messieurs.

L’image véhiculée par le mâle argentin n’est pas particulièrement plaisante. A tel point que lassée de ces jeux de séduction entièrement basés sur le désir de Monseigneur le conquistador, je m’essayai pour ma part au flirt allemand de passage à Buenos Aires. Si « les berlinois flirtent subtilement » ainsi que le chante le groupe germanique Wir Sind Helden, le degré élevé de subtilité est à l’inverse parfois déstabilisant : vous pourrez jouer vingt longues minutes avec vos clefs sur le seuil de votre garçonnière après une nuit entière à n’avoir fait que bavarder avec Jojo, il ne se passera rien. Ce qui vous fera d’ailleurs méditer plusieurs heures durant sur les objectifs exacts du jouvenceau. A la seconde expérience similaire vous ordonnerez toutefois au prussien sur le point (encore une fois !) de vous saluer poliment, vous laissant vous et votre libido sur le pas de la porte, de réintégrer la bataille et ce sera Vous : femme assumant ses désirs, qui prendrez l’initiative de lui faire goûter à votre talent artistique unique pour le french kiss.

La première impression ne signifie rien. Vous pourrez vous émerveiller de la chaleur latine et des attentions de certains Porteños à votre égard, vous risquerez d’être surprise par une suite ne satisfaisant pas vos espérances de love story « à la française » quand, à l’opposé, au-delà de la distance et de la froideur germanique réelle, sans fioriture de mots pour vous présenter comme la Venus de Milo, vous pourriez bien être attendrie par la lueur d’une romance naissante simple, romantique et surtout…plus authentique.

 

Helix Bennington

 

*La Quilmes est une bière très populaire d’Argentine.

* Le(a) Porteño(a) est l’habitant(e) du port de Buenos Aires.

Article publié sur: http://tout-ca.com/2010/04/29/ca-marche-comment-l%E2%80%99amour-en-argentine/

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Les petites histoires du machisme argentin

Publié le par Helix Bennington

Détail de la statue de la Plaza Francia dans le quartier Recoleta de Buenos Aires

Détail de la statue de la Plaza Francia dans le quartier Recoleta de Buenos Aires

De toute ma vie c’était la première fois que j’assistais à ce spectacle. Nous étions cinq femmes à attendre l’autobus 118 sur l’avenue Pueyrredón à Buenos Aires et un homme nous précédait dans la file. Lorsque vint le moment de grimper dans le transport en commun, notre homme se recula afin de laisser monter la gente féminine avant lui. Originaire d’un pays où la galanterie relève davantage aujourd’hui de l’ordre du concept théorique, j’avais trouvé l’attitude de cette créature d’une élégance folle.

L’expérience répétée je me suis rendue compte lorsque l’entrée ne tolérait pas deux personnes en même temps, qu’il était dans la coutume de donner la priorité au beau sexe. On prend vite goût à cette règle imparable, à tel point qu’on trouvera choquant le mâle indélicat qui n’aura pas honoré son « devoir » en pénétrant le premier dans une pièce. « Quel goujat » !

De la même façon si l’on se trouve en proie à quelques carences narcissiques, une simple promenade dans un des quartiers de Buenos Aires a la capacité de regonfler à bloc un égo féminin chétif. Car en Argentine, l’Argentin regarde ! C’est ainsi qu’en foulant le macadam porteño*, vous serez surprise de constater la compagnie de dix-milles paires d’yeux se plaisant à suivre la cadence de vos pas. Dans le métro ces mêmes yeux ne contempleront pas le plafond d’un air vague afin d’éviter de se heurter visuellement les uns les autres comme dans les transports parisiens. Au contraire, ils prendront leurs aises pour apprécier la joliesse de votre minois ou les courbes de la jeune fille assise à leurs côtés. Là où dans la capitale française les regards masculins sont plus rares et moins assumés…plus subtils tout simplement, il est parfois agréable de se sentir valorisée par ces œillades admiratives qui vous donneront l’impression d’être une descendante de Venus. Œillades par ailleurs distribuées à peu près à tout être humain propriétaire d’un décolleté.

Généralement, en même temps qu’il admirera vos gambettes extraordinaires en public, le mâle argentin vous servira une de ces petites phrases porteñas appelées piropos destinées à vous poser en rivale de Miss Univers. Le piropo allant du compliment courtois (et un peu niais) tel que : « vos yeux sont magnifiques, pourriez-vous m’en faire cadeau ? », aux remarques plus directes et beaucoup plus fréquentes du bipède masculin qui se plaira à souligner verbalement telle ou telle partie de votre anatomie. Le piropo se pratiquant dans la cité portuaire comme un sport national, vous pourrez trouver flatteur le fait de vous faire courtiser sitôt le pied posé hors de votre « home sweet home ».

Il est agréable de se sentir considérée par ces diverses marques d’attention, qui même si elles ne sont pas innocentes, agrémentent le quotidien. Toutefois à y regarder de plus près on notera que ces quelques détails de la vie de tous les jours offrent davantage la vision d’une femme argentine reléguée au rang d’objet sexuel. Certes il est tout à fait exquis de se voir ouvrir la porte, se sentir privilégiée en passant la première dans une pièce, s’assoir sur le siège qu’un Adonis vous aura précipitamment cédé dans le bus, observer votre concierge vous proposer ses muscles pour porter vos paquets chargés au retour des courses chez Coto*, se voir systématiquement invitée dans les cafés parce que l’addition sera toujours mise sous le nez de votre cavalier, se mirer à travers les longs regards flatteurs des inconnus dans le métropolitain, s’entendre susurrer des phrases élogieuses sur votre passage dans la rue…Cependant si hommes et femmes sont égaux, pourquoi Jojo s’évertue-t-il à se comporter différemment avec sa semblable ?

Ne chérissant pas les généralités, je me baserai sur mon seul ressenti quant à la question de la place des femmes dans la société porteña. L’un de ces ressentis concerne cette impression de « femme incapable sans la présence d’un homme », une femelle dépendante de la bonne volonté du mâle, de sa force physique, de son pouvoir économique…Car enfin si la galanterie souligne une certaine élégance, elle considère avant tout ces dames comme « amoindries » et dans l’attente perpétuelle du secours d’un sauveur. Ce qui en fin de compte relève du machisme. Le fait également de faire des activités en solo lorsqu’on est une femme à Buenos Aires ne paraît pas toujours d’une évidence lumineuse. Je prendrai en exemple le cinéma, lieu passé maître dans la réception des couples où l’on me demande constamment, alors que je ne me présente visiblement accompagnée que de moi-même et que de plus la séance a déjà commencé depuis un quart d’heure, combien d’autres places je souhaite acheter. De la même manière il est amusant de constater l’œil interrogateur au sein des gares routières et la tonalité surprise de ces : « viajas sola ?! » (« tu voyages seule ?! ») lorsqu’une fois descendue du bus on replace son sac à dos géant sur les épaules pour poursuivre librement son voyage à la routarde.

Revenons aux regards et aux petites phrases lancées sur votre passage en plein Buenos Aires. S’ils permettent de faire circuler le désir dans la société et donc de la dynamiser, ils créent néanmoins une impression d’« objetisation » de la femme argentine. Le fait d’être en effet commentée en permanence dans la rue au moindre croisement d’avec la gente à l’entrejambe protubérante donne la sensation d’être perçue comme un objet. Un objet que l’on se permet d’examiner sous toutes ses coutures et sur lequel monsieur n’hésite pas à donner son avis. L’inverse en Argentine ne se rencontre pas. Aucune fille ne s’autorise à haute voix l’éloge du « produit » mâle qui viendra de déambuler dans son champ de vision.

Pourquoi?

Du fait du poids de ces regards suivant avec insistance la silhouette de n’importe quelle personne de sexe féminin à peu près normalement constituée, plane une pression sur le physique beaucoup plus imposante qu’en France. Ce qui explique peut-être le côté « poupée » des Argentines arborant tenues coquettes ultra-stylisées, ongles des mains (et des pieds) toujours peinturlurés rouge flamboyant, souliers à talon immense et sac à main dernier cri. A la différence du pays gaulois et encore plus de l’Angleterre où diverses « tribus » proposent encore un style vestimentaire affirmé et assumé: hippie, punk, grunge, rappeur, gothique, androgyne, emo…la capitale portègne produit de petites figurines en série dépourvues au final de marque identitaire.

Cette pression concernant l’apparence extérieure dont fait partie le corps a pour conséquence le recours très important des femmes argentines à la chirurgie esthétique. En 2007 le territoire occupe la 3ème place mondiale, derrière le Brésil et les Etats-Unis quant au nombre d’interventions par habitant*. Ici la chirurgie plastique relève du même ressort que la psychanalyse: tout le monde y fait appel. A l’occasion par exemple de la grande fête réalisée en l’honneur des 15 ans d’une jouvencelle venant de famille aisée, cette dernière se verra la plupart du temps proposer comme choix de cadeau : un voyage à Disneyland ou le façonnage d’une nouvelle paire de seins. Comme le titrait un célèbre soap opera colombien : « Sin tetas no hay Paraíso » (Sans seins point de Paradis)*.

A l’inverse de l’Europe où les sexes se confondent pour mieux jouer avec les registres censés appartenir au genre opposé, le pays à la bannière ensoleillée maintient le grand écart. Un homme doit être fort, viril, il doit afficher un corps d’homme. Une femme doit être belle, féminine et arborer un corps de femme. Les différences corporelles sont très marquées et si on n’a pas le corps qu’il faut, la médecine se chargera de vous l’offrir. On reste dans un schéma binaire où chacun a une place bien définie.

L’importance attribuée au physique de ces demoiselles vaut peut-être également parce qu’on ne leur demande pas autre chose. En France un corps un peu ingrat sera « pardonné » car on attendra de la jeune fille d’autres qualités que simplement d’être agréable à la vue. « Sois belle et tais-toi » semble encore faire partie d’une certaine pensée argentine.

Enfin, si le machisme a encore la part belle dans le pays du tango, c’est peut-être parce qu’il n’a pas connu les deux guerres mondiales subies par le vieux continent qui durant l’absence des hommes au front a dû continuer à produire et vivre grâce aux femmes qui investirent dès lors, la sphère professionnelle et publique, s’émancipant de plus en plus pour donner naissance au mouvement féministe des années 60.

« On ne naît pas femme, on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin.»* disait Simone de Beauvoir. Reste à savoir quelle femme les Argentines ont envie de devenir.

 

Helix Bennington

 

* Originaire de Buenos Aires.

*http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/200901/06/01-680721-la-chirurgie-esthetique-nouvelle-attraction-en-argentine.php

* « Sin Tetas No Hay Paraíso » est une célèbre série télévisée colombienne, produite et diffusée par « Caracol TV ». L’histoire se base sur le roman éponyme écrit par Gustavo Bolivar.

* Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe 1, Gallimard. 1949, pages 285 et 286.

Article publié sur: http://tout-ca.com/2010/04/21/les-petites-histoires-du-machisme-argentin/

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